Les macrolides et ses dérivés

Fiches antibiotiques
Les macrolides et ses dérivés

Parmi ce groupe, 4 antibiotiques (molécules) sont utilisés en Suisse:

érythromycine A (1ère génération)

(Plus utilisée par voie systémique)

clarithromycine (2ème génération)

(Klacid)

Azithromycine (2ème génération)

(Zithromax)

Clindamycine (dérivé: lincosamide)

(Clindamycin)

Mode d'action: ribosomes

Cette famille d’antibiotiques agit sur les ribosomes en inhibant la synthèse des protéines.

ribosomes

Spectre

- Le spectre des macrolides inclue les cocci Gram positif (streptocoques), les bactéries intracellulaires (ex : Legionella sp, Mycoplasma pneumoniae, Chlamydiae sp, Bordetella pertussis), le Campylobacter jejuni, ou H.pylori.

- Le spectre de la clindamycine inclue les cocci Gram positif et les anaérobes.

Leur action est bactériostatique.

Indications principales

Les macrolides peuvent être utilisés pour traiter les infections respiratoires basses (en bithérapie avec une bétalactamine pour la couverture empirique des germes atypiques). La monothérapie empirique est possible pour les pneumonies communautaires non sévères. Elles peuvent être utilisées en alternative, pour les infections ORL (angines, otites moyennes aiguës) ou pour les infections bucco-dentaires (en association avec un anti-anaérobe).

L'azithromycine est utilisée pour le traitement d'infections génitales et IST à Chlamydiae sp.

La clindamycine s'utilise par exemple en alternative pour les infections cutanées non sévères ou en association, comme antibiotique anti-toxinique (hautes doses) lors d'infections sévères à germes producteurs de toxines (ex: Streptocoque A).

Contre-indications principales

Ces antibiotiques ne doivent pas être utilisés lors de réactions connues d’hypersensibilité aux macrolides ou à ses dérivés.

Posologies habituelles chez l’adulte

- clarithromycine: 500 mg 2x/j po (iv)
- azithromycine: 500 mg 1x/j po
- clindamycine: 600 mg 3x/j po (iv) (hautes doses: 900 mg 3x/j)

Données pharmaco-cinétiques : métabolisme et élimination

Leur biodisponibilité orale est excellente : il faut donc toujours privilégier la voie orale (pas de nécessité d'accès vasculaire et moins cher).
L'élimination est principalement biliaire.

Effets secondaires principaux

- prolongation de l’intervalle QTc
- symptômes digestifs très fréquents
- élévation des transaminases hépatiques et cholestase

Monitoring à prévoir

- ECG en début de traitement et suivi
- suivi des tests hépatiques

Interactions médicamenteuses (non exhaustif)

Macrolides:
- anticoagulants oraux (acénocoumarol, warfarine) : augmentation de l’INR
- digoxine : Augmentation des taux sériques de digoxine
- médicaments qui allongent le QTc : Augmenation du risque de torsades de pointe
- médicaments substrats majeurs du CYP3A4/5 : Augmentation des taux sériques du substrat
- médicaments inhibiteurs puissants du CYP3A4/5 : Diminution des taux sériques du substrat
- simvastatine, atorvastatine (substrats du CYP3A4/5) : augmentation du risque de rhabdomyolyse

Clindamycine :
- anticoagulants oraux (acénocoumarol, warfarine) : augmentation de l’INR
- vaccin contre la typhoïde vivant oral : diminution de l’effet

Résistances

Résistances naturelles

Certaines bactéries résistent naturellement aux macrolides tels que les bacilles Gram négatif (en raison de leur membrane cellulaire externe imperméable, mais il s'agit d'un phénomène concentration dépendant) ou les anaérobes.

Résistances acquises

Les résistances aux macrolides impliquent des gènes codant des enzymes dénaturant la cible de l’antibiotique (Erm) ou l’antibiotique lui-même (rare), essentiellement transmis par des plasmides : ceci concerne surtout les streptocoques (S.pyogenes, pneumoniae) et les staphylocoques. Des mécanismes d'efflux (acquisition des gènes par transposons) peuvent également intervenir.

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